Le Jo        0  2792 lectures

Le Jo

Compilation de Gilles Tribolo

 

Morphologie :

C’ést un simple bâton mesurant environ 30 cm de plus qu’un Tachi standard mais aussi plus court que le Bo. La longueur du Jô est de 128 cm avec un diamètre de 26 mm. 

HISTOIRE de la Naissance du Jo :

Chose assez paradoxale dans les arts martiaux, le Jodo (voie du bâton) est né d'une défaite... 
Au 17ème siècle, un Samouraï - de l'école Tenshin Shoden Katori Shinto ryu, très célèbre à cette époque - Muso GONNOSUKE Katsuyoshi (Katsukichi ?) fut défait en duel par le génie du sabre japonais Myamoto MUSASHI, auteur du fameux traité sur la tactique Gorin no Sho (livre des cinq roues). 
Désirant effacer cette humiliation, Muso GONNOSUKE se retira sur le Mont « Honnman » Après de longues méditations et, à la suite d'une vision, il créa et codifia le Jojutsu. 
La tradition veut que la deuxième rencontre du Jo et du sabre se termina par la victoire du Jo. 
C'est de cette période que date le début de la renommée du Jo. 

Trouve le plexus solaire avec un bâton rond! De cette phrase naquit les bases du Shinto Muso Ryu Selon le Kaijo Monogatari, écrit en 1629. 

La légende veut que Musô Gonnosuke se soit rendu à Edo au début de la période Keichô (1596-1614). Il se mesura avec les meilleures lames de la cité et ne fut jamais vaincu jusqu’au jour où il rencontra Miyamoto Musashi (peut-être le guerrier le plus connu des Japonais) en 1605 dans la province de Harima à Akashi.
Miyamoto Musashi qui avait déjà remporté 60 duels affronta en duel Muso Gonnosuke (homme de grande taille). Muso Gonnosuke utilisa un odachi en bois (long sabre en bois) et Miyamoto Musashi non pas ses deux sabres mais une branche de saule. Gonnosuke était accompagné par six compagnons de fortune. Vantard et sûr de lui il apostropha Musashi en lui disant - J'ai vu les techniques de votre père, mais je n'ai pas vu les vôtres ! Musashi irrité lui répondit : - Si vous connaissez les techniques de mon père, vous connaissez alors les miennes. 
Voyant que Musashi ne semblait pas vouloir continuer cette conversation, Gonnosuke insista afin de montrer à ses compagnons sa supériorité technique. Dépité Musashi lui répondit : - Mon art n’est pas fait pour être du spectacle, n’importe comment quelque soit votre attaque je l’arrêterai et gagnerai. Gonnosuke attaqua le premier avec son odachi en bois sans formalité. 
Musashi para facilement l’attaque et frappa Gonnosuke légèrement entre les deux sourcils ! Une autre version écrite dans le Honcho Bugei Koden est similaire avec quelques différences mineures. 
En fait dans la réalité il semblerait que Musashi aurait utilisé ses deux sabres (un court et un long) en employant sa fameuse technique de blocage en croix (Jujidome). 
Grâce à cette technique Musashi pouvait bloquer l’arme de son adversaire et le forcer à se découvrir vers le haut et contre attaquer immédiatement. Cette défaite cuisante changea Gonnosuke du tout au tout. Après cette défaite, Gonnosuke sillonna le pays pour y étudier de nombreux styles d’arts martiaux, déterminé qu’il était de parvenir à vaincre le Jujidome de Musashi. 
Après plusieurs années, il arriva dans la Province de Chikuzen et s'arrêta dans une ville qui porte aujourd'hui le nom de Dazaifu, dans la région de Kyushu (sud du Japon situé près de la ville de Fukuoka). Il se retira pendant 37 jours en ermite dans le Sanctuaire de Kamado, sur le Mont Hôman. Une nuit, un messager divin lui apparut en songe sous la forme d’un enfant qui lui dit: “ trouve le plexus solaire avec un bâton rond! ” S’inspirant de ce message céleste, Gonnosuke confectionna une nouvelle arme le : Jo.
C’était un simple bâton mesurant environ 30 cm de plus qu’un Tachi standard pour l’époque (XVIIe siècle) mais aussi plus court que le Bo. La longueur du Jô de Gonnosuke était de 128 cm avec un diamètre de 26 mm. 
Ces mesures sont toujours d’actualité dans le Shintô Musô Ryû Musô Gonnosuke s’appliqua ensuite à élaborer pour son bâton des techniques basées sur ses expériences dans les variétés d’armes qu’il avait étudiées. 
Il y introduit les coups d’estoc de la lance (Yari ou Sôjutsu), les mouvements de balayage de la hallebarde (Naginata ou Naginatajutsu), les techniques de frappe du grand bâton (Bô ou Bôjutsu) et du sabre (Tachi ou Kenjutsu). 
De ces diverses techniques l’art du Jôjutsu était né. Toujours selon la légende, Gonnosuke retourna vers Musashi et lui infligea sa seule et unique défaite.

Cependant dans le Shinto Muso Ryu il existe une technique de parade contre le Jujidome. Du fait de sa longueur le Jo, même paré par cette technique, permet d’atteindre un point faible sur le corps de l’épéiste adverse au niveau du plexus solaire. Gonnosuke est parvenu à défaire Musashi sans lui causer de grand mal. Mais ce fut la seule défaite encaissée par Musashi et cela à cause d’une nouvelle technique de Jo-Jutsu 
La popularité grandissante de Musô Gonnosuke finit par attirer l’attention du Clan Kuroda de Fukuoka qui lui proposa d’instruire les guerriers du Clan dans l’art du Jôjutsu. 
Dans les années qui suivirent, Gonnosuke remit des licences d’enseignement à plus de dix guerriers du Clan. 
Ces derniers, ainsi que leurs successeurs, perpétuèrent la tradition dans les limites du domaine de la famille Kuroda. Le Clan garda jalousement cet art du Jôjutsu et en fit une des traditions secrètes du Clan. 
Vers la fin de la période Tokugawa (1603-1868), il semble que deux Dôjô existaient dans le domaine des Kuroda. 
L’un était géré par la famille Hirano, sous la direction du 15e Grand-Maître, tandis que l’autre était sous la responsabilité de la famille Hamachi, avec, à sa tête, un homme généralement reconnu comme le 18e Grand-Maître de Shintô Musô Ryû. La permission de propager le Jôjutsu en dehors des limites du Clan fut accordée en 1872, peu après la Restauration de Meiji (1868). Au début du 20e siècle, Uchida Ryôgorô enseignait le Jôjutsu à Tôkyô. Parmi ses élèves figuraient Uchida Ryôhei, Nakayama Hakudô (célèbre Kendôka et Iaidôka, et Amiral de la Marine impériale japonaise), et Morita Kanya, acteur de Kabuki. 
Parallèlement, dans le Dôjô central de Fukuoka, Shiraishi Hanjirô Shigeaki, connu comme le 24e Grand-Maître de la Tradition, continuait d’enseigner cet art jusqu’à sa mort le 1er mars 1927. Dès lors, le Jôjutsu fut enseigné par ses plus anciens disciples: Takayama Kiroku, Shimizu Takaji et Otofuji Ichizô. 
En 1927, Shimizu se rendit à Tôkyô et commença d’enseigner le Jôjutsu sous l’égide de deux personnages influents: Toyama Mitsuru et Suenaga Setsu. Il établit sa base au Toyama Dôjô et, de là, rayonna dans la région, instruisant des groupes aussi divers que le Département de la Police métropolitaine, le groupe d’étude de Kobudô du Kôdôkan Jûdô, sous l’égide de Kanô Jigorô, les Scouts marins, et bien d’autres groupes disséminés dans le pays entier. Shimizu Takaji fut également instructeur en Mandchourie, après que cette région ait été placée sous contrôle japonais au début des années 1930. Quelques années après la mort de son maître, Shimizu fut nommé Président de la Dai Nippon Jôdô Kai qui altéra le nom de la Tradition (Ryûmei) de Jôjutsu en Jôdô en 1940. 

En aikido


le jo n’est pas utilisé comme une arme en soi déconnectée de la pratique à mains nues , de même que la pratique du bokken et du tanto, le jo est là pour nous permettre de mieux comprendre le sens des techniques. La direction et les angles sont beaucoup plus clairs , la moindre erreur de placement prend tout son sens,la sanction est immédiate.

Certaines écoles d’aikido se sont spécialisées dans l’étude des armes , l’étude des kata d’aiki-jo et aiki-ken y est très importante, mais en fait tous les courants n’ont qu’un but : mieux comprendre les principes aiki et développer le corps par la pratique des armes. Une technique bien exécutée avec une arme sera d’autant plus facile à mains nues qu’on en aura compris les principes directeurs

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