Le katana        0  12030 lectures

Le katana
Compilation de Gilles Tribolo

INTRODUCTION

Le sabre japonais est intimement lié à l’histoire du Japon féodal, car il est le symbole même du samouraï. Il a subi de nombreuses transformations au cours de son évolution, pour donner un instrument remarquable par ses qualités.

Le katana, qui fait approximativement un mètre de longueur, se manie généralement à deux mains (encore que certaines techniques, comme la célèbre technique à deux sabres de Myamoto Musashi, ou des techniques impliquant l'utilisation du fourreau, supposent le maniement à une main). Sa poignée (tsuka), suivant le climat politique, variait entre la largeur de deux ou trois mains. La tsuka se termine par une garde (tsuba) qui protège la main. Le poids d'un katana standard varie de 800 grammes à 1000 grammes.

HISTOIRE

Certaines périodes de l'histoire japonaise étant plus calmes, le katana avait plus un rôle d'apparat que d'arme réelle. Dans ce cas, la garde était plus courte, facilitant ainsi le port au obi (ceinture), au détriment de l'équilibre de l'arme.

Ainsi, on dit que les sabres ne se comportent pas tous de la même manière. Celui qui les manie peut leur trouver un « caractère » bien spécial, déterminé en fonction non seulement du degré d’habileté du forgeron, mais aussi de son niveau spirituel. Il existe plusieurs types de sabres, variant par leur forme et leur longueur :

Le Nippon-tô ou katana ou sabre japonais a comme ossature principale la lame.

EVOLUTION de la lame

L'évolution de la forme de la lame a été fonction des époques et de l'Histoire du Japon...

Jusqu'à l'an mille les lames étaient droites et à deux tranchants.Les époques passantes les courbures de la lame ainsi que les dimensions changent.

A la fin de l'ère Kamakura le sabre TACHI (long, un seul tranchant, robuste et lourd) devient moins pratique et un nouveau sabre glissé dans la ceinture, tranchant vers le ciel, fit son apparition. Le KATANA est né. Les maîtres forgerons sont au summum de leur art.

Du milieu XIXème à nos jours - Ere Meiji le sabre n'évoluera plus.

De ces différentes époques il nous reste de merveilleux spécimens avec comme points communs leurs parties anatomiques et le fait que le sabre était et restera l'âme du samouraï.

(Voir récapitulatif des armes du samouraï en fin d’article)

PRESENTATION

1) Tachi et katana

Sabre long (Daïto) dont la lame dépasse 60 cm. Il est souvent difficile de différencier un Tachi d'un Katana tant ils se ressemblent. A l'origine, le Tachi était une arme portée sur une armure, le tranchant vers le bas, tandis que le Katana, généralement moins long et moins courbe, était porté sur les vêtements (glissé dans la ceinture), tranchant vers le haut.

C'est bien souvent grâce aux fixations du fourreau, indiquant s'il doit être porté lame vers le haut ou vers le bas, que l'on parvient à les différencier rapidement.

Pour compliquer la tâche, il faut savoir que d'anciens Samouraïs, voulant garder leurs lames de Tachi, les firent parfois monter sur des montures de Katana.

De plus, les cérémonies obligeant le port du Tachi, plusieurs Katana furent ainsi fixés sur des montures de Tachi. Pour s'y retrouver, on décida que c'était la monture qui déterminait la nature de l'arme.

Ainsi, une lame de Katana sur une monture de Tachi forme un Tachi, et inversement.

Ces deux armes, comme le Wakizashi, étaient portées sur le flanc gauche (comme nos épées occidentales.

Le Tanto lui était généralement dissimulé dans la veste de kimono au niveau de la ceinture.

La photo nous montre les 3 armes intimes des samouraïs:

  • En haut le katana (sabre)

  • Au milieu le Wakizashi (sabre court)

  • Et enfin le tanto (couteau)

2) Le Daïsho : Daïsho: Signifie littéralement "long-court".

Il est constitué de l'ensemble formé d'un Katana et d'un Wakizashi.

Après la chasse aux sabres (1588), durant laquelle Toyotomi Hideyoshi récupéra toutes les armes que possédaient les paysans, le port du Daïsho devint le privilège exclusif des Samouraïs.

Les personnes n'appartenant pas à cette classe ne possédaient que le droit de porter le sabre court ou Wakizashi.

UN PEU DE CULTURE :

Le Samouraï :

-, dérivé du verbe saburau, « servir » (La vie du samuraï est en effet entièrement tournée vers le service, devant totale obéissance à son seigneur)— C'est un terme usuel pour désigner un soldat japonais issu des maisons guerrières dans le Japon pré-industriel. Un samouraï n'ayant pas de rattachement à un clan ou à un daimyo était appelé un ronin.

Cependant, tous les soldats n'étaient pas samuraï, les « samuraï » se rapprochant de nos « chevaliers », étaient des « nobles ». Les autres guerriers étaient généralement des paysans, et formaient le fer de lance des armées, on les nomme « Ashigaru ».

Le terme bushi (武士) désigne les guerriers de l'époque allant de l’ère Yamato (300 ap. J.-C.) à l'ère Momoyama (fin en 1600 avec la bataille de Sekigahara).

Symbole de la caste des samouraïs, le katana (刀) est un sabre (épée longue à un seul tranchant). Portée avec un wakizashi, ils forment le daisho. Le katana est une arme de taille et d'estoc.

Le sabre jouait un rôle capital dans la vie du samurai. Sa très grande efficacité en faisait une arme de combat de choix. Les deux sabres (daisho) que le samurai portait insérés dans sa ceinture reflétaient son rang social et concrétisaient les aspects spirituels liés à sa vie de guerrier.

Dans le Japon féodal, Arme d'essence divine, le sabre est considéré comme l'âme du samurai ; rien n'est donc trop beau pour cette lame au profil harmonieux

qui ne doit connaître "que la soie ou le corps de l'ennemi..." (Daniel Gony)

Au combat, le samurai utilisait un sabre présentant une lame plus longue et plus incurvée, et une poignée également plus longue. Ce type de sabre amplifiait les mouvements de la lame et augmentait la puissance de coupe. Durant la période Edo, les lames sont devenues plus courtes et moins incurvées.

Le katana (sabre long) et le wakizashi (sabre court) étaient portés à l'extérieur. À l'intérieur, seul le wakizashi était porté en tout temps et même placé àcôté du lit pendant la nuit. Le samurai ne se séparait jamais de son sabre qui constituait sa plus précieuse possession. Le samouraï doit toujours avoir une arme sur lui car il doit pouvoir être disponible à chaque instant et savoir rester sur ses gardes.

Autrefois, le wakisashi était utilisé pour sauver son honneur en cas de défaite (hara-kiri).

Le wakisashi est un sabre court variant de 60 à 70 cm selon les tailles. Il se manie d’une seule main pour exécuter des mouvements impossibles à réaliser avec un katana.

Wakizashi de l’ère de l’Edo le tsukamaki (laçage de la garde) est enlevé, on voit la peau de requin qui constitue la poignée. Remarquer la décoration de la saya (fourreau)

 

 


Selon Maître Ueshiba, « le sabre est par essence l’âme du guerrier, une manifestation de la véritable nature de l’univers. Ainsi quand vous
dégainez lesabre, c’est votre âme que vous tenez dans vos mains. Sachez-le, deux guerriers qui se font face en brandissant leur sabre sont comme des flambeaux, ils entrent ensemble, corps et esprit mêlés, dans un monde qu’il faut débarrasser du mensonge et du mal. Celui qui vient pour s’opposer à lui sur le Grand Chemin de la maîtrise du sabre permet au guerrier que la divinité inspire, de faire agir les Principes Universels. Il favorise l’harmonisation de tous les éléments du ciel et de la terre, du corps et de l’esprit, éternelles splendeurs. »







Avec la pacification de la période Edo, la fonction combattante des guerriers diminue et ceux-ci deviennent des fonctionnaires. Ils vont laisser le côté guerrier pour les cérémonies, et commencer à s’intéresser aux arts (surtout l'écriture). Néanmoins, peut-être pour se redonner de la valeur, ils vont codifier des règles très strictes de leur caste, sous le nom de bushidô (voie du guerrier). Le seppuku — suicide rituel — (littéralement « ouvrir le ventre » ) devra être interdit à certaines périodes par le shogun (terme général : Seitaishôgun, terme honorifique de la période de Nara signifiant « Grand géneral ayant conquis les barbares »). En effet, pour sauvegarder son honneur, un samouraï devait se faire seppuku s'il arrivait malheur à son maître, à sa famille, ou simplement s'il avait fait une faute grave, son seigneur pouvait lui commander à n'importe quel moment le seppuku s'il ne s’estimait pas satisfait. Ce rite provoquait parfois des ravages dans les rangs des samouraïs.

On trouve aussi parfois le terme buke : il désigne la noblesse militaire attachée au bakufu (gouvernement militaire), par opposition aux kuge, la noblesse de cours attachée à l'empereur. Les buke sont apparus durant l'ère Kamakura (1185-1333)

UN CELEBRE SAMOURAÏ :

MYAMOTO MUSASHI

Musashi Miyamoto (宮本 武蔵), de son vrai nom Takezo Shimmen(Miyamoto étant le nom de son village de naissance et Musashi, une autre façon de lire les idéogrammes écrivant Takezo), (1584 – 19 mai 1645) est une des figures emblématiques du Japon et est le plus fameux escrimeur de l'histoire du pays.

Il combattit en duel pour la première fois à 13 ans (contre Arime Kihê en 1596). Âgé de 17 ans, il participa à la bataille de Sekigahara (1600) qui vit la victoire de l'armée de Ieyasu Tokugawa suite à la mort de Toyotomi Hideyoshi ; engagé dans le camp des perdants, il fut laissé pour mort sur le champ de bataille. Jusqu'à l'âge de 29 ans, il participa à une soixantaine de duels, la plupart avec un sabre en bois (bokken) alors que ses adversaires avaient de vrais sabres (katana). Son dernier duel (le plus fameux) eut lieu le 13 Avril 1612 contre l'autre plus grand escrimeur du Japon, Kojiro Sasaki, qu'il vainquit sur l'île de Funa grâce à un long bokken, taillé dans une rame du bateau qui l'y amenait. Il arrêta ensuite les duels puis fut chargé du commandement d'un corps d'armée du seigneur Ogasawara et participa au siège du château de Hara en 1638, lors de la révolte des chrétiens.

Il créa une école d'escrime (ryu) nommée tout d'abord École des deux sabres (Niken ryu), puis École des deux ciels (Niten ryu), mais ayant un style hors du commun (utilisation simultanée des deux sabres) et peu d'audience auprès de l'empereur, son style ne perdura pas.

Il est l'auteur d'un ouvrage de stratégie, le Gorin no sho [1], écrit à l'âge de 60 ans, traduit en français par Livre des cinq anneaux ou Traité des cinq cercles. Vers la fin de sa vie, il médita et fit une introspection sur son passé et son expérience ; il en déduisit que les principes qu'il avait mis en œuvre dans son art martial (duels) pouvaient aussi être mis en œuvre non seulement en stratégie militaire (affrontement de masse) mais aussi dans tous les domaines. Les « cinq anneaux » ou « cinq cercles » font référence aux cinq étages des monuments funéraires bouddhiques (gorintô), qui représentent les cinq éléments de la tradition japonaise. Le livre comporte donc cinq chapitres :

  • Terre : grandes lignes de la tactique,

  • Eau : se forger physiquement et spirituellement,

  • Feu : tactique à appliquer dans les duels et les grandes batailles,

  • Vent : critique des autres écoles de sabre,

  • Vide : un énoncé de l'idéal du samouraï; notons que la notion de vacuité en tant que but à atteindre est un thème récurrent dans les budo.

De nombreux livres, films et reportages ont été réalisés en son honneur.

LES PARTIES DU KATANA :

La lame comporte plusieurs parties qui ont chacune leur nom ; ceci marque l'importance que la culture japonaise accorde au sabre.

  1. 1 Tsuka : poignée ;
  2. 2 kashira, ou tsukagashira : décoration au bout du pommeau ;
  3. 3 menuki : broche d'ornement sur la poignée, elle aide également à la saisie ; elle n'est pas posée au même niveau sur la face omote que sur la face ura; menugi ?
  4. 4 mekugi : goupille de bambou qui fixe la lame à la tsuka ; la soie de la lame et la tsuka sont percées, et le mekugi les traverse de part en part ; = cheville
  5. 5 mekugi ana : trou pour la fixation de la poignée
  6. 6 same kawa : peau de requin ou de raie qui recouvre le bois de la tsuka ;
  7. 7 tsuka ito ou tsuka maki : laçage de tissus ou de cuir autour de la poignée, permettant une meilleure préhension tressage en soie de la poignée
  8. 8 tsuba : garde ;
  9. 9 seppa : parties métallique entre la tsuba et la lame, guidant la soie (nakago) lors de son insertion dans la tsuka ; rondelles
  10. 10 jihada : lame
  11. 11 nakago : soie, partie insérée dans la tsuka et percée du mekigiana (trou permettant le passage du mekugi) ; nakago-Jiri = extrémité de la soie de la lame
  12. 12 hitoe : dos de la soie ;
  13. 13 yasurime : traits de lime sur la soie, indiquant le nombre de corps qu'est capable de couper la lame d'une seule coupe ; (pour identification de l'école du forgeron)
  14. 14 mune machi : décrochement sur le dos de la lame, marquant le début de la soie (hitoe) ; …maki ? coin arrière entre la lame et la soie
  15. 15 mei : poinçon identifiant le forgeron (signature)
  16. 16 mune : dos de la lame ;
  17. 17 yakiba : partie trempée de la lame, formant le hamon ( décoration en forme de vagues) surface située entre l’arrête verticale et le tranchant
  18. 18 hassaki : tranchant de la lame ; fil de la lame
  19. 19 shinogiji : partie parallèle des flancs, verticale lorsque le sabre est porté à la ceinture ou bien en garde ; surface située entre l’arrête verticale et le flanc
  20. arrêtes: la partie parallèle des flancs de la lame (shinogiji) a une certaine épaisseur ; la lame s'affine vers la pointe (kissaki) et vers le tranchant (hassaki), la transition de la partie parallèle et les parties s'affinant forment trois arrêtes qui se rencontrent en un point nommé mitsukado;
  21. 20 shinogi : arrête latérale de la lame arrête verticale
  22. 21 yokote : arrête séparant la pointe (kissaki) du reste de la lame arrête horizontale = limite du fil
  23. 22 koshinogi : arrête transversale
  24. 23 monuchi : les 10 cm partant de la pointe de la lame ; c'est exclusivement avec cette partie que sont effectuées les coupes
  25. 24 kissaki : pointe biseautée ; elle est séparée du reste de la lame par une arrête, le yokote
  26. 25 sashi omote: lorsque le sabre est porté à la ceinture (sur le flanc gauche, co urbure vers le haut), c'est la partie présentée au public (omote), la partie côté extérieur ; lorsque le guerrier est en garde (kamae), c'est le flanc gauche de la lame ;
  27. 26 sashi ura : lorsque le sabre est porté à la ceinture, c'est la partie cachée (ura) ; lorsque le guerrier est en garde (kamae), c'est le flanc droit de la lame ;
  28. 27 saya : fourreau.
  29. 28 hamon : ligne de trempe
  30. 29 hamaki : coin avant entre la lame et la soie
  31. 30 ha : tranchant de la lame
  32. 31 fuchi : virole (anneau)
  33. 32 koi guchi : Virole (ouverture du fourreau) (koikuchi ?)
  34. 33 kuri gata : Pontet (pour passer la dragonne) (pontet) (kurikata ?)
  35. 34 sageo : Dragonne (cordon)
  36. 35 kojiri : Embout
  37. 36 boshi : Ligne de trempe située sur la pointe.
  38. 37 mitsu gashira : Point d'intersection entre les arêtes.

  39. LE TSUBA

    Le "tsuba"désigne la garde du sabre permettant le passage de la lame par un interstice de forme plus ou moins triangulaire dénommé Nakago-ana. Le Nakago-ana se trouvait souvent flanqué de deux autres trous permettant le passage du Kôgai et du Kozuka (voir Fig. n°1). Il vise tout à la fois à protéger et empêcher la main de glisser sur le tranchant du sabre ainsi que d'assurer l'équilibre de celui-ci en contrebalançant le poids de la lame.

    A partir du XVIIe siècle au delà de la fonction purement utilitaire vient se juxtaposer une recherche de l'esthétisme, le tsubadevient une oeuvre d'art à part entière. Il sert dès lors à marquer l'appartenance sociale de son possesseur ainsi que d'exprimer ses idéaux et convictions. Il est ainsi possible de trouver des symboles chrétiens sur certains tsuba alors même que la religion chrétienne était proscrite sous Toyotomi Hideyoshiet totalement interdite à partir de 1613 sous Tokugawa Ieyasu.

    Les tsubas sont fabriqués à partir d'une grande variété de métaux notamment en fer, cuivre (rouge) et ses dérivés tels que le cuivre jaune, bronze, shibuichi, shakudo, rogin mais aussi en or et/ou argent.

    Chaque tsuba a une taille (5 à 10 cm), une tranche (Rim) et une forme particulière. Il est cependant possible d'identifier une dizaine de formes différentes: ronde (Marugata), "carrée"à angles arrondies (Kaku gata, Yuko Ito gata), quadrilobée (Moko gata, Tate Ito gata), rectangulaire (Aori gata)...

    Il semble que les premier tsubas remontent au VIe siècle (Shitogi). De forme beaucoup plus simple (en forme de goutte d'eau) ils étaient généralement composés d'un alliage de cuivre ou de fer. Avant cette date certains tsubas devaient être importés (Hôju).Il est encore possible aujourd'hui de trouver des artisans spécialisés dans la fabrication de tsubas.

    Il est possible de classer les tsubas en fonction de leur "style" permettant d'identifier l'appartenance à une école, une période et/ou un facteur particulier. Certains tsubas étant signés il devient "aisé" d'en retracer l'histoire ou plutôt celle du facteur.

    Chaque école a sa propre personnalité avec ses facteurs célèbres (Shimuzu Jingô, Kanô Matsuo...) et ses propres techniques de réalisation. Le classement exposé ci-dessus n'est absolument pas exhaustif nous pourrions citer l'école de kamayama qui débuta sous la période Muromachi caractérisée pour ses tsubas en fer proche d'un autre style, celui d'Owari

    FABRICATION :

    Terminée en biseau (kissaki), la lame du katana est traditionnellement forgée à partir d'un acier brut (tamahagane) transformé en acier composite : le massiot d'acier est naturellement composé de deux nuances, il est brisé en petits morceaux et ceux-ci sont triés en fonction de leur dureté. Les morceaux durs (hadagane ou kawagane) sont utilisés pour l'enveloppe, et les morceaux plus tendres (shingane) pour le noyau. On a ainsi une lame très dure, donc coupante, et qui en même temps résiste aux chocs grâce à âme tendre.

    Le noyau et l'enveloppe sont chacun feuilletés de nombreuses fois, puis intimement soudés l'un à l'autre à la forge. Ensuite, en recouvrant d'un mélange d'argile isolant le dos et les flancs, la lame subit une trempe sélective, qui conférera à l'arme les qualités combinées de dureté extrême du tranchant, ainsi que de résistance aux chocs pour l'ensemble. Cette trempe sélective forme également les vagues caractéristiques.

    L'étape suivante est le polissage, effectué à l'aide de pierres à grain décroissant, qui affûte la lame en révélant les structures cristallines, martensite pour le tranchant (hamonou ligne de trempe), perlite pour les parties moins durcies.

    En effet, le caractère exceptionnel du sabre japonais, par rapport aux autres sabres traditionnels que l’on peut trouver aux quatre coins du monde, réside dans le fait que les fabricants japonais ont su concilier trois notions opposées mais importantes pour faire un bon sabre, c’est-à-dire la rigidité, la robustesse, et la finesse de la coupe. La robustesse implique l’utilisation d’un métal léger mais solide, comme le fer, tandis que la rigidité et la capacité de coupe sont maximales avec l’emploi d’acier bien dur. Les forgerons japonais ont su harmoniser ces caractères pour donner un type de sabre remarquable.

    La fabrication traditionnelle d’un sabre japonais revêt une dimension religieuse très forte, car elle est ponctuée par de nombreux rites shintoïstes de purification que pratique le fabricant. En effet, le sabre, au Japon, possède un statut presque spirituel ; il est sensé avoir une âme, qui lui a été insufflée par l’artisan, d’où l’importance de ces rites.

    voici une photo d'une très belle lame de cette époque

    .Afin de garantir l'authenticité de la lame, le forgeron dépose le Yasurime : Traces de lime (pour identification de l'école du forgeron), ainsi que le Mei : Signature du forgeron ou/et du propriétaire sur le manche de la lame.

    UTILISATION :

    Pour l'entraînement au katana, on utilise quatre types de sabre d'entraînement :

  40. Le iaito, réplique en métal, non tranchante, d'un katana; cette déclinaison du sabre japonais est l'outil d'entraînement de prédilection des pratiquants de iaito.

  41. le bokken, sabre en bois rigide ; c'est une arme en soi (le célèbre samouraï Myamoto Musashi a remporté son fameux duel contre Sasaki Kojiro avec un bokken), il n'est de ce fait utilisé que pour les kata (enchaînements conventionnels) ;

  42. le shinaï, formé par des lamelles de bambou maintenues par une gaine de cuir; ce sabre permet de porter des frappes réelles sans danger, moyennant des protections corporelles, et est utilisé par les pratiquants du kendo.

  43. le shinken , qui est un katanaauthentique et aiguisé; il est utilisé principalement pour les coupes, comme dans le batto do et le tame shigiri, contre des cibles constituées de tatami. Les hauts gradés (5e dan ou plus) en kenjutsu les utilisent pour passer des examens ou certains katas.

Il existe maintenant des katana en mousse permettant de porter des assauts plus virulents sans danger, utilisés en sport chanbara (forme ludique du kendo)

En Aïkido

Pour les entraînements en club, on utilise généralement un bokken- un sabre de bois - de mêmes caractéristiques qu’un véritable sabre (outre son tranchant, bien sûr). Notons que cela ne signifie pas qu’il soit inoffensif, puisqu’il pouvait à l’occasion être utilisé en combat réel. Le Fondateur s’est énormément intéressé à la pratique du sabre dans l’aïkido. C’est surtout après la 2e Guerre Mondiale qu’il a développé cette pratique, alors qu’il s’était retiré à Iwama.

La connaissance du sabre est en effet très importante, car elle peut directement influencer la pratique à mains nues. Beaucoup de mouvements à mains nues sont issus de l’art du sabre, et une compréhension profonde de techniques, comme par exemple shiho nage, ne peut se faire sans la perception d’une étroite liaison avec le mouvement d’un sabre que l’on tiendrait en même temps que l’on exécute le mouvement. Dans la pratique de l’aïkido comme dans d’autres arts martiaux, toute arme ne constitue qu’une prolongation des membres naturels du corps. Il en est de même pour le sabre, qui, bien intégré dans la pratique, revêt une dimension spirituelle importante.

La main gauche sert à donner de la puissance aux frappes, et la main droite à diriger les coupes.

C’est également un excellent moyen pour se sensibiliser à la notion de maai et de deai, c’est-à-dire la gestion de l’espace-temps qui sépare les deux adversaires.

RECAPITULATIF DES ARMES DU SAMOURAÏ :

 

 

 

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