Publié par: Jacques Maigret le 02/01/2021 11:22:39 23 lectures

Réflexions les Principes

les Principes

LES PRINCIPES

Ça vous dit quelque chose ?

Cinq techniques fondamentales de la nomenclature de l’Aïkido occupent une place toute particulière car elles sont définies comme étant « les principes d’immobilisation (ou de contrôle) » :



Ikkyo, Nikyo, Sankyo, Yonkyo et Gokyo (1, 2, 3, 4 et 5)

S’il paraît évident qu’IKKYO est la technique la plus fondamentale par son apparente « simplicité chorégraphique », et le fait qu’elle sert de base de travail à bien d’autres techniques, notamment les autres principes, on peut se demander pourquoi avoir choisi NIKYO et pas IRIMI NAGE ou KOTE GAESHI par exemple comme deuxième (NI) principe (KYO), etc ?

En réalité la notion de « principe » a été définie de façon arbitraire il y a longtemps par des experts, en regard de ce qu’ils considéraient comme fondamental dans la réalisation des techniques.

Si l’on regarde du côté d’autres courants on constatera que des principes différents régissent l’aikido.

En ce qui nous concerne de quels principes parlons-nous ?

DE L’HARMONIE :

Base et fondement de l’Aïkido, à tel point que ce principe constitue le premier idéogramme du mot AI-KI-DO. On pourrait presque remplacer ce terme par le mot ensemble.
Ceci implique de :

– bouger et se déplacer avec et en même temps que son partenaire.
–s’adapter à la puissance et à la vitesse de l’attaque, tout autant qu’à la taille et à la forme physique de son partenaire.
–ressentir à travers le contact la connexion établie.
C’est le fameux Ki Musubi, la liaison-connexion à minima de hanche à hanche basée sur le contact ; l’Harmonie en découle.

DE L’INTEGRITE :

C’est la capacité de garder son potentiel et de se préserver
Ceci implique que :

  • UKE s’engage dans l’attaque sans être suicidaire, sache chuter, et ait cette capacité à suivre et garder le contact, et ainsi ne pas se mettre en situation de danger.
  • TORI : ne blesse pas UKE (respect de la physiologie articulaire) ni soi-même, reste droit et ait une bonne attitude en générale,(respect et vigilance)

DU DESEQUILIBRE :

Soit sur l’avant => chute avant / soit sur l’arrière => chute arrière, et avec un amené au sol en immobilisation ou en projection.

Il s’agit de la finalité et de la construction des mouvements. On pourra parfois enchaîner plusieurs déséquilibres avant la conclusion de la technique en utilisant des notions d’action-réaction.

 Ce principe étant indissociable du principe de continuité qui consiste pour UKE à accepter le déséquilibre et la chute (notons au passage que cette chute doit être considéré comme un déplacement et non pas comme un abandon ou une soumission)

Vous avez déjà compris qu’on cherche plus à être roseau que chêne !

DU CENTRAGE :

capacité à travailler :
– sur un plan frontal devant son centre (ligne médiane)
– et sur un plan sagittal : aligné, proche de l’axe vertical du corps.
Ceci implique concrètement de travailler « devant ses hanches », faire face, utiliser les lignes optimales de force

DE LA CONTINUITE :

Pas d’arrêt pour TORI tout comme UKE.
Le principe de Ki-nagare (continuité du Ki), comme en Taï chi ou en musique, implique un déroulement fluide et continu, ce qui n’exclue pas des impulsions ou certaines fixations.
Tout arrêt permet à UKE de retrouver son équilibre et son potentiel

On voit bien que les principes ci-dessus sont plus parlants que nos cinq principes tels que nous les connaissons (Ikkyo, nikyo…)

Les définitions qui suivent vont peut-être nous apporter quelques éclaircissements quant à l’interface (je préfère le terme passerelle) entre ces techniques et donc des principes qui les régissent.

 

IKKYO

C’était UDE OSAE. On parle ici de contrôle (OSAE) du verbe OSAERU prendre le contrôle, appuyer, mainteniret de coude (UDE).

Ça commence à vous parler ?

NIKYO

C’était KOTE MAWASHI - KOTE c’est le poignet et MAWASHI est la déclinaison du verbe MAWARU qui signifie pivoter, tourner, former un cercle.

Vous savez le pouce qui va jusqu’au bout des doigts pour mettre le poignet à 90°!

SANKYO

C’était KOTE HINERIKOTE ça n’a pas changé et HINERI est décliné du verbe HINERU tordre, tourner, tortiller.

Là on a tout dit !

YONKYO

C’était TEKUBI OSAE. Mais pourquoi n’ont-ils pas utilisé KOTE puisque ça veut dire aussi poignet ?

Ils sont subtils ces japonais parce que les deux kanji du mot KOTE signifient petit et main, c’est-à-dire la petite partie de la main (fallait la trouver celle-là !)

Tandis que TEKUBI se décompose en TE (la main) et KUBI (le cou) donc le cou de la main en clair le poignet (malin non !?)

C’est donc l’immobilisation et le contrôle du poignet puisqu’on retrouve OSAE comme pour IKKYO (UDE OSAE)

Rappelez-vous, c’est quand on appuie sur le nerf radial !

 

GOKYO

Enfin pour terminer : UDE NOBASHI avec UDE, ça on l’a déjà vu, et NOBASHI du verbe NOBASU (redresser, étendre prolonger)

Il faut donc redresser le coude lors de l’immobilisation

Tu vas le lâcher ce tanto !

BONNE LECTURE